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Je me régalais, avec des camarades, de délicieux fruits blancs et presque noirs, des magnifiques mûriers de la cour de récréation de l’établissement scolaire de Khemisset (Lkhmiçate). Je me servais aussi et surtout des feuilles de ces arbres pour alimenter les vers à soie.
En effet, dans mon casier d’interne, en salle d’étude, j’avais, comme certains autres élèves, une boîte en carton qui contenait mon élévage.
Cette activité était importante pour moi.
Les moments que j’appréciais le plus étaient ceux où le ver à soie[1]commençait à façonner le cocon, s’isolait petit à petit, puis disparaissait entièrement en attendant sa transformation en papillon. Je me revois penché sur ma boîte en train d’observer attentivement l’élevage à chaque étape de son évolution. Instants extraordinaires.
Ma « route de la soie » allait des superbes mûriers de la cour de l’établissement scolaire,[2]au casier en salle d’étude. Un parcours merveilleux. Je ne connaissais pas encore des récits sur Samarkand par exemple, en Asie Centrale, en lien avec la « route de la soie », mais je pouvais en faire d’infinis en lien avec mon élevage. Et ils n’étaient pas sans interêt. Ils pouvaient tenir en haleine et faire rêver beaucoup de ceux qui n’ont pas connu cette « aventure ».
Elle m’a procuré de magnifiques sensations et m’a peut-être aidé à mieux comprendre que les itinéraires, même « sur place », peuvent être fabuleux.
BOUAZZA